Pourquoi il est souvent moins cher de prendre l’avion que le train en partant de France

Le choix entre avion et train pour se déplacer depuis la France reste marqué par une réalité économique souvent surprenante : les billets d’avion sont fréquemment moins chers que ceux de train. Malgré l’image écologique plus favorable du rail, les voyageurs constatent que le coût et la concurrence favorisent le transport aérien. Cette tendance résulte d’un ensemble complexe de facteurs, allant des frais d’exploitation aux taxes spécifiques, qui redistribuent le poids financier sur chaque mode de transport.

Un rapport publié par Réseau Action Climat dévoile que les trajets ferroviaires internationaux au départ de la France peuvent coûter en moyenne entre 2,3 à 3 fois plus cher que l’avion sur les principales liaisons transfrontalières. Par exemple, un Paris-Barcelone en train coûte jusqu’à 20% plus cher qu’en avion classique, et jusqu’à 86% de plus qu’un vol low cost. Ces différences se ressentent surtout lorsque le voyage nécessite un changement de train, faisant grimper le prix de manière significative pour les usagers. En revanche, pour des trajets domestiques en France avec une liaison directe, le train offre souvent une alternative plus économique, à environ 40% de moins que les billets d’avion, car il n’y a pas ces frais supplémentaires liés aux correspondances.

Cette distorsion tarifaire est notamment attribuable aux péages imposés aux opérateurs ferroviaires. La SNCF, par exemple, doit s’acquitter de frais pour utiliser le réseau français et les infrastructures espagnoles sur la ligne Paris-Barcelone, notamment sur le tunnel du Perthus où le péage s’élève à environ 6,10 € par passager pour seulement 8 km de trajet. Ces charges peuvent représenter jusqu’à 40% des coûts d’exploitation d’un TGV, générant ainsi un impact considérable sur le prix final du billet. En comparaison, les compagnies aériennes bénéficient de nombreuses exonérations fiscales avantageuses. Elles ne paient ni la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) applicable au carburant routier, ni la TVA sur les vols internationaux, ce qui leur confère un avantage concurrentiel décisif.

Les taxes et péages, leviers déterminants sur le prix des billets

Au-delà des frais liés aux infrastructures, les politiques fiscales appliquées à l’aviation et au rail influencent fortement les prix perçus par les voyageurs. L’électricité utilisée pour les trains est soumise à une taxe, la TIFCE, à laquelle s’ajoute parfois la TVA selon les pays. À l’opposé, le kérosène, carburant utilisé par les avions, reste exempté de ces taxes, en vertu d’accords internationaux codifiant des avantages fiscaux historiques, souvent qualifiés d’anachroniques au vu des enjeux environnementaux actuels. Cette disparité crée un déséquilibre où l’avion, bien qu’extrêmement polluant, se présente comme une option financièrement attractive.

Pour compenser cet avantage, des propositions émergent pour taxer davantage les billets d’avion. Le rapport de Réseau Action Climat conseille d’augmenter la taxe sur les billets d’avion, avec un barème variant de 30 € pour les vols internationaux courts en classe économique, à plusieurs centaines d’euros pour les passagers de jets privés. Une telle mesure pourrait rééquilibrer les prix et favoriser le report modal vers le train, notamment pour les trajets transfrontaliers.

Le coût des services aéroportuaires vs. ferroviaires

Une comparaison détaillée des coûts de fonctionnement pour un vol Paris-Barcelone montre que les frais d’aéroports varient entre 28 et 30 € par passager pour les compagnies aériennes, tandis que SNCF consacre seulement 2 € par passager pour les services en gare. Toutefois, le rail s’alourdit du coût de 55 € par passager pour utiliser les voies ferrées, une charge inexistante dans le transport aérien. Par ailleurs, les taxes de navigation aérienne, entre 11 et 12 €, viennent s’ajouter côté avion. Cette structure de coûts souligne pourquoi l’attrait financier de l’avion subsiste en dépit du prix plus élevé des services portuaires.

Il est opportun de noter que l’énergie consommée par passager-kilomètre est généralement inférieure pour le train (9 € par passager pour un Paris-Barcelone en TGV) que pour l’avion (entre 17 et 20 €), ce qui offre un levier aux opérateurs ferroviaires pour améliorer leur compétitivité en agissant sur la réduction des péages et taxes. Cette perspective intéresse notamment les acteurs engagés dans le tourisme responsable chez Terres d’aventure, qui prônent des mobilités plus écologiques.

La concurrence et la variable distance dans le transport

Le degré de concurrence et la distance parcourue modulent aussi la différence de prix entre avion et train. Sur des trajets courts sans correspondance, le train n’a pas à supporter des frais de péage additionnels, ce qui lui permet de demeurer une option économique privilégiée, reconnue dans plusieurs analyses, notamment sur le site HourRail. À l’inverse, pour des trajets transfrontaliers complexes où un changement de train est obligatoire, la multiplication des péages et des frais d’organisation augmente les tarifs, rendant l’avion plus compétitif.

Ce phénomène est renforcé par une dynamique commerciale où les compagnies aériennes pratiquent une tarification dynamique très agressive, sous l’effet d’une forte concurrence sur certaines routes, ce que ne peut pas toujours offrir le train, victime d’une structure de coûts moins flexible. Cette réalité économique pousse aussi les professionnels du voyage à conseiller à ceux qui souhaitent optimiser leur budget de comparer les prix avec attention et de considérer la variable du changement ou non en gare.

Impact sur le secteur touristique et pistes pour une mobilité durable

La situation actuelle a un impact direct sur les choix de transport des Français et des touristes européens. Les offres économiques favorisant l’avion peuvent décourager l’usage du train, pourtant plus écologique. Des initiatives, comme les propositions avancées par Terres d’aventure, appellent à une réforme en profondeur des systèmes tarifaires pour encourager un usage plus massif du train, en particulier pour les voyages responsables à travers l’Europe.

Quant aux solutions envisagées, la réduction des péages ferroviaires, la mise en place de tarifs préférentiels, et la révision des exonérations fiscales dans l’aérien constituent des leviers essentiels. Elles permettront non seulement de rééquilibrer les coûts relatifs des billets, mais aussi de promouvoir un report modal bénéfique pour l’environnement, en accord avec les aspirations des voyageurs contemporains.

Pourquoi les billets de train sont-ils souvent plus chers que ceux d’avion ?

Les billets de train peuvent être plus chers en raison des péages élevés supportés par les opérateurs ferroviaires et des taxes plus importantes sur l’électricité, tandis que les compagnies aériennes bénéficient d’exonérations fiscales spécifiques, notamment sur le carburant.

Le train est-il toujours plus cher que l’avion pour les trajets depuis la France ?

Non, pour les trajets domestiques avec une liaison directe sans correspondance, le train est souvent moins cher que l’avion. Le surcoût apparaît principalement sur les trajets internationaux où plusieurs changements sont nécessaires.

Comment les taxes fiscales influencent-elles les prix des billets ?

Les taxes sur le kérosène des avions sont très faibles voire inexistantes, alors que les trains paient des taxes sur l’électricité utilisées. Cette différence impacte directement les prix billetterie pour les voyageurs.

Quelles mesures pourraient rendre le train plus compétitif face à l’avion ?

Des propositions incluent la réduction des péages pour les compagnies ferroviaires, la taxation accrue des billets d’avion, et le développement de tarifs avantageux pour les trajets en train, afin de favoriser la mobilité durable.

Quel rôle joue la distance dans le choix entre avion et train ?

La distance influence : sur les courtes distances avec liaison directe, le train est généralement plus économique; sur les longues distances ou trajets nécessitant des correspondances, l’avion peut s’avérer moins coûteux.

Source: www.connexionfrance.com